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Zoom sur Thomas Hirschhorn : artiste du FRAC "Choses Faites"

Aujourd’hui, nous vous proposons un nouveau « Zoom sur » les artistes de l’exposition « Choses Faites » du FRAC, installée Salle Raphaël au Centre Culturel, avec une rencontre virtuelle avec l’artiste Thomas Hirschhorn.

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Thomas Hirschhorn

Né en 1957 à Berne, vit et travaille à Paris. Le travail de Thomas Hirschhorn exprime un débordement, un trop plein à déverser ou à renverser. Il se construit sur un écueil, celui de l’incompréhension et, de fait, la nécessité de trouver des réponses par tous les moyens nécessaires. Depuis la fin des années 1980, il se concentre sur la création de sculptures précaires faites main. Il les conçoit à partir de matériaux issus de la vie courante, tels que des vieux papiers, des feuilles d’aluminium ou des cartons. L’œuvre de Thomas Hirschhorn est traversée par les questions, les contradictions et les scandales qui taraudent la société contemporaine mondialisée et milite pour davantage de justice et d’égalité.

 

Bon visionnage à tous !

Zoom sur Thomas Hirschhorn : artiste du FRAC "Choses Faites"

Le CNN-Chain est le résultat d’une réflexion comparable. Quel crédit accorder à l’information ? Quel coût, quelle valeur lui donner ? En fondant le logo de l’information, Thomas Hirschhorn s’en remet à une parité avec l’or pour résoudre l’équation. Le résultat est un bijou de pacotille, hypertrophié, comme une figure de carnaval que l’on s’apprête à brûler. Absurde par ses dimensions comme par ses composants, la première chaîne d’information américaine devient un joyau à tenir pour marquer son appartenance à une partie du monde, ou à exhiber comme un trophée de guerre. Un réflexe quasi-tribal, qui tient du gavage iconographique et a trouvé l’apogée de son ambiguïté dans la culture hip-hop : les tenants du Gansta Rap, style développé sur la côte ouest américaine, font dans l’ostentatoire. Dents en or et signe du dollar autour du cou, ils chantent vulgairement une réussite que le rêve américain leur avait jusque-là refusée de façon tout aussi vulgaire. La vulgarité est édifiante, mais elle l’est dans les deux sens du terme. « Le rap est le CNN de l’Amérique noire » avait déclaré Chuck D, le leader de Public Enemy il y a plus de dix ans, comme pour donner raison au fétiche imaginé par Thomas Hirschhorn.