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Wallace 83 : Bien plus qu’une histoire de cœur

Depuis plus de 20 ans, l’association Wallace 83 (anciennement antenne raphaëloise du Secours populaire) tente de venir en aide, du mieux qu’elle le peut, aux personnes dans le besoin. Cette année encore, ce sont plus de 300 personnes (dont plus de 200 envoyées par des organismes agréés) qui ont pu bénéficier de cette main tendue.

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La seule qui reste parfois pour ces accidentés de la vie qui ne baissent pourtant pas les bras malgré l’adversité. Au centre de ce dispositif depuis 4 ans, un homme au cœur énorme, Birahim Fall et, pour l’épauler malgré sa très large stature, une petite armée de 12 bénévoles. Explications.

Birahim, quel est le rôle de votre association ?

« Nous venons en aide aux personnes en grande difficulté. Certaines nous sont envoyées par le CCAS de la Ville ou le Conseil Départemental, d’autres viennent de la part d’associations caritatives comme nous. Elles se présentent chez nous avec une fiche de liaison et on voit ce que l’on peut faire pour les aider. Cela nous arrive aussi d’apporter notre soutien à des personnes qui n’ont pas suivi un circuit classique et qui n’ont donc pas de fiche de liaison. Surtout en ce moment où la précarité touche de plus en plus de monde. Vous savez, je n’oublie jamais une chose, cela peut aussi nous arriver. Personne n’est à l’abri d’un accident de la vie. Je ne dis pas cela pour faire pleurer dans les chaumières, mais c’est une réalité ».

Vous parlez d’aides, cela peut être aussi des aides financières ?

« Oui. Quand on peut. Cela dépend le plus souvent des ventes réalisées dans la journée. Tous nos articles sont vendus 1 ou 2 euros. Alors quand une personne se présente avec une fiche de liaison envoyée par l’assistante sociale par exemple, qui est dans un besoin réel comme c’est malheureusement le plus souvent le cas, on lui donne 15 ou 20 euros pour parer à cette urgence. Sinon, ce sont des habits, de la vaisselle, des chaussures, des objets du quotidien mais aussi des jouets, des livres, des DVD ou encore des jeux pour les enfants. On fait tout ce que l’on peut pour leur offrir un peu de chaleur, pour qu’ils ne se sentent plus seuls. Ce n’est jamais facile de demander de l’aide, surtout à des gens que l’on ne connait pas. On a tous une certaine fierté. Si ces personnes ont fait la démarche de venir nous voir malgré cela, on ne doit pas leur faire ressentir la moindre gêne. Le côté humain avant tout ».

Comment fonctionne l’association ?

« Tous les jours, des gens nous apportent des vêtements, des objets. Tout ce qui peut encore resservir et qui est encore en bon état. Ce sont ces dons qui nous permettent d’exister. De dégager un peu de trésorerie. Malheureusement, faute de moyen, nous avons dû rendre au propriétaire une partie du local de l’association. Celui où nous stockions le petit électro-ménager ou les meubles, ce qui nous prive encore un peu plus de recettes car ces objets étaient vendus un peu plus cher (ou offerts dans certains cas). C’est dur car on sait que moins nous recueillons d’argent, moins nous pouvons aider les gens ».

Votre pire hantise ?

« C’est qu’un jour tout cela s’arrête. L’association a été créée en 1998, j’y suis entré en 2005 comme bénévole, et elle se bat au quotidien depuis cette date pour remplir sa mission, mais aussi pour sa survie. Les bénévoles qui sont autour de moi sont des gens formidables et personne ne compte ses heures ici. Mais malgré toute la meilleure volonté du monde, on doit se battre tous les jours, et pour aider les gens, et pour garder cette structure ouverte. C’est comme ça, mais on ne baisse pas les bras ».

 

Pour contacter Wallace 83 (51 rue de la Soleitte à Saint-Raphaël) : 06 22 82 58 41 ou 06 99 70 33 18