Questions à :

Sylvie Blanc

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Conseillère municipale de la Ville de Saint-Raphaël, déléguée à l'alimentation et au tri et à la valorisation des déchets.

Titulaire d'un DEA en chimie organique, maman de trois enfants et ayant travaillé un temps dans l'agro-alimentaire, Sylvie Blanc est certainement l'une des personnes les plus qualifiées dans ce domaine pour prendre en charge ces deux délégations que sont l'alimentation et le tri et la valorisation des déchets. Pour cette Seynoise de naissance qui a choisi Saint-Raphaël comme port d'attache depuis une vingtaine d'années, l'écologie n'est pas un parti politique, c'est une philosophie, un mode de vie. Passionnée par les sciences de la nature en général et la biologie en particulier, elle a pris pour devise au quotidien : "Le meilleur des déchets, c'est celui qu'on ne produit pas". Détail sur sa vision des choses et sur la feuille de route que lui a confiée Frédéric Masquelier.

Sylvie Blanc, quel est le rôle d'une conseillère municipale déléguée à l'alimentation ?

" De permettre à nos enfants de manger plus sainement encore tout en luttant contre le gaspillage alimentaire. Un jour par semaine, un menu végétarien est servi à tous les  enfants, et une alternative végétarienne est proposée sur demande à ceux qui le souhaitent. Mais nous proposons aussi des viandes et des poissons issus d'élevages certifiés qui garantissent le bien être animal. Par ailleurs, 30% des repas que nous servons aujourd'hui sont "bio", c'est plus que ne prévoit la loi, mais nous souhaitons aller plus loin encore en la matière. Enfin, pour lutter contre le gaspillage alimentaire, tous les groupes scolaires de la Ville ont déjà mis en œuvre des politiques actives qui ont commencé à porter leurs fruits dans ce domaine. Ce qui était encore une exception hier, est devenu une généralité dans toutes les cantines de la Ville car les résultats sont là".

Et au tri et à la valorisation des déchets ?

" Réduire les déchets produits sur Saint-Raphaël et systématiser le recours au tri. C'est déjà le cas dans toutes les cantines de la Ville qui ont servi de "zone test" en 2019. Non seulement nous avons considérablement réduit nos déchets alimentaires, mais de plus, le dispositif mis en place nous a permis de recycler ces biodéchets d'une manière intelligente. Ces derniers collectés à part, puis séchés par un procédé spécifique, peuvent être réutilisés comme compost naturel sans résidus chimique. Ce que les gens doivent bien comprendre dans le domaine du recyclage, c'est qu'au delà même de l'aspect écologique dont il n'est pas nécessaire de rappeler ici tout le bénéfice que cela apporte à notre planète, c'est qu'il y a un coût économique derrière tout cela. Et ce coût est exponentiel. Plus nous produirons de déchets, plus le prix à la tonne du retraitement de ces derniers sera élevé. Certains déchets mettent des centaines d'années avant de disparaître totalement, et c'est bien là le gros problème ".

Quels sont les mesures ou les projets que le maire vous a demandé de mettre en œuvre ?

" Le plus important est celui qui touche les repas dans nos cantines. Nous nous sommes fixés 50% de "bio" pour 2021, pour viser à la fin du mandat les 100%. Pour arriver à cet objectif, il faut impérativement favoriser les produits locaux en circuit court. Pourquoi en circuit court ? Parce que la traçabilité des produits est plus facile à mettre en place et cela réduit d'autant l'empreinte carbone. Offrir aussi des produits de saison. Manger des tomates  qui poussent sous serre en plein hiver, par exemple, est pour moi une aberration. A force de vouloir produire de tout, n'importe quand et avec n'importe quoi, on finit par avoir des fruits et des légumes qui n'ont plus de saveur et bourrés de produits dont on ne connait pas forcement la nature et l'origine. C'est aussi un rôle pédagogique que nous devons avoir auprès de nos enfants car ce sont eux les adultes de demain".

Selon vous, quelles doivent être les principales qualités d'une élue locale ?

"Etre sincère. Enthousiaste. Avoir des convictions mais savoir aussi écouter les demandes et s'adapter aux attentes des administrés. Pour ma part, je suis quelqu'un de résolument optimiste. Je suis peut-être une utopiste, notamment en matière d'environnement, mais il faut bien y croire si l'on veut entreprendre des choses, surtout dans ce domaine où le chantier est si vaste. J'aime la nature pour ce qu'elle offre, pour ce qu'elle est et je me dis que tout ce que nous pouvons faire à notre niveau, même si cela représente peu à l'échelle de la planète, c'est toujours ça de gagné pour le bien des futures générations. C'est ce qui m'a décidé à m'engager en politique. Cela et la personnalité de Frédéric Masquelier qui veut réellement bouger les lignes, quitte à casser les codes établis et déranger parfois".