Questions à :

Stéphane Iseppi

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4e adjoint de la Ville de Saint-Raphaël, délégué à l'économie.

Il est plus facile de croiser Stéphane Iseppi dans une rue de la Ville que de le rencontrer à son bureau en mairie et pour cause. Monsieur l'adjoint délégué à l'économie est un homme de terrain et s'il y a bien une chose qu'il adore dans cette fonction, c'est d'aller au contact de la population. Normal, pour ce Raphaëlois de naissance, arrière-petit-fils de carrier et amoureux de sa Ville qu'il qualifie lui-même de "petit bijou de la Côte d'Azur". Tour d'horizon de sa délégation.

Stéphane Iseppi, quel est le rôle d'un adjoint délégué à l'économie ?

"C'est un adjoint délégué au commerce et à l'artisanat aux pouvoirs étendus. Pour des questions d'efficacité et de cohérence de nos futures actions, Frédéric Masquelier a souhaité regrouper plusieurs délégations en une. Mon rôle d'adjoint à l'économie regroupe donc la délégation du commerce et de l'artisanat, du tourisme comme avant, la délégation concernant la partie tourisme d'affaires du Palais des congrès en plus. Trois secteurs, dans notre région, qui sont étroitement liés. J'irai même plus loin, avec la crise de la COVID 19 que nous traversons actuellement, cela n'a jamais été aussi vrai. Je m'explique. Nous vivons dans une région formidable qui attire beaucoup de touristes. Croyez-vous que notre région resterait très longtemps attractive si nous ne pouvions leur offrir que du soleil, l'Estérel ou encore la mer qui sont pourtant de magnifiques atouts. Non. Il faut aussi proposer des bars, des restaurants, des hôtels, de l'hôtellerie plein air, des commerces, des loisirs sportifs ou culturels, etc. Vous voyez donc bien que tourisme et commerce sont intimement liés. Et c'est pareil pour le tourisme d'affaires. Si vous faites venir une entreprise nationale sur un congrès, il faut avoir autre chose à proposer qu'une simple salle de réunion et un hébergement. C'est pour cela que le maire a souhaité regrouper ces trois délégations et j'adhère totalement à son idée ".

Quels sont les mesures ou les projets que le maire vous a demandé de mettre en œuvre ?

" Vaste sujet. En premier lieu et c'est notre priorité du moment, aider notre économie locale à passer cette crise sanitaire car ne l'oublions pas, derrière ces commerçants ou ces entreprises qui sont aujourd'hui menacés il y a aussi des salariés, donc des familles. Dès le mois de mai, Frédéric Masquelier a pris des décisions fortes en ce sens comme l'exonération de certaines taxes locales liés à l'économie; la gratuité des terrasses pour l'année en cours; le passage en zone bleue d'une partie du parking en voirie; la piétonisation permanente ou temporaire de certaines rues; la création d'un guichet unique pour centraliser les doléances et ainsi donner une réponse plus rapide. Tout ce que la loi nous autorisera à faire pour aller dans ce sens, nous le ferons. L'idée c'est de subir le moins possible et d'anticiper au maximum".

Et pour le long ou moyen terme ?

"Nous travaillons toujours sur la revitalisation du centre-ville, en concertation avec tous les acteurs concernés, grâce aux résultats de l'étude que nous avons lancé il y a trois ans maintenant. Mais pas que le centre-ville. Les quartiers dits extérieurs doivent aussi bénéficier de ces avancés. La vacance commerciale est en baisse par exemple. On a piétonnisé certaines rues, on essaye sur d'autres. On a relancé le marché place Lamartine comme on a fait un marché textile sur la place Victor Hugo. On incorpore dans tous nos nouveaux projets de rénovation les problématiques d'accessibilité et de traitements des déchets. Même si nous avançons au coup par coup, on garde toujours à l'esprit une vision globale de la chose. Nos seules limites sont les finances et le temps car le maire nous l'a fixé dans la feuille de route, on n'augmentera pas les impôts et on continuera à désendetter la Ville. A nous d'optimiser chaque euro du contribuable pour mener à bien ces actions. Une mutualisation de certains services par exemple. On réfléchie fortement à la création d'un office de tourisme/commerce/artisanat. Il faut aussi de la transversalité avec le service culture pour proposer des animations conjointes. Avec les services techniques pour la réfection du mobilier urbain et la gestion de l'espace public".

Avec des actions nouvelles ?

"Oui. On planche actuellement sur la manière de développer l'économie bleue, les métiers émergeants qui y sont liés ainsi que les produits d'exception autour du massif de l'Estérel. On veut créer une réglementation spécifiques aux paquebots polluants dans la baie de Saint-Raphaël. On pense également à la mise en place d'une offre de logement pour les saisonniers, d'une politique d'animation commerciale plus développée (chèques cadeaux, offres promotionnelles) et des animations spécialement dédiées aux commerces en périphérie du centre-ville. Il faut que l'on repense l'accueil des touristes. On veut aussi plus de flexibilité dans les offres de tarifs du stationnement en parking en augmentant le nombre d'abonnements par exemple. On souhaite un renforcement du droit de préemption commercial pour les cessions stratégiques et poursuivre la lutte contre le développement anarchique des grandes surfaces en périphérie. Comment faire venir de nouvelles franchises attractives en centre-ville, etc. Je vous l'ai dit, c'est vaste, mais nous y reviendrons plus tard car là, la priorité reste la sortie de crise ".

Selon vous, quelles doivent être les principales qualités d'un élu local ?

"Etre présent sur le terrain. Sur tout le terrain de la commune et pas que sur le seul centre-ville. Etre à l'écoute des gens, y compris ceux qui viennent vous voir pour des questions qui ne sont pas liées à votre délégation. Pour moi, c'est un travail d'équipe avant tout et l'impulsion doit venir d'en haut. Continuons à mettre en place des actions fortes pour faire vivre Saint-Raphaël. C'est ce qu'a voulu notre maire. Mettre de la transversalité à tous les niveaux et cela passe en premier lieu par les élus. En tout cas moi ça me va très bien. Cela me rappelle beaucoup les valeurs du rugby où chacun dépend l'un de l'autre. Cela vous oblige aussi à vous remettre en question tous les jours, et ça c'est très important pour un élu. Ne jamais s'endormir sur ses acquis ".