Déconfinement

Le Maire communique

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Madame, Monsieur

Le premier ministre vient de dévoiler son plan national pour la relance du tourisme.

Ce plan pompeusement appelé « plan MARSHALL » ne répond que très partiellement aux attentes des professionnels du secteur.

Du point de vue positif, parmi les annonces qui étaient attendues par les professionnels du tourisme, la plus espérée était celle de la possible réouverture de leurs établissements.

Les professionnels ne veulent, en effet, qu’une seule chose, c’est pouvoir retravailler et non pas vivre d’aides publiques qui ne sont qu’un faible palliatif à une situation de crise économique qui les touche directement.

A compter du 2 juin, et si la situation sanitaire demeure stable, les bars et restaurants pourront, sous réserve de mettre en place des protocoles sanitaires stricts, reprendre leur activité.

C’est un véritable soulagement pour les professionnels de la ville et cette décision me parait raisonnable compte tenu du fait que localement le nombre nouveaux cas positifs au COVID-19 est quasi-nul depuis maintenant plusieurs semaines.

Espérons que cela aidera les professionnels de la restauration et des bars pour tenir la saison sachant qu’il faudra aussi être là dès le mois d’octobre car les séquelles de la crise ne seront pas effacées.

On notera, en revanche, un silence pesant sur la possibilité de réouverture de l’hôtellerie de plein air et des résidences de tourisme et de vacances.

Lorsque le Premier Ministre évoque que les français pourront repartir en vacances en juillet et août, rien n’est évoqué pour le mois de juin à propos de ces secteurs pourtant essentiels dans notre région.

Il ne serait pas acceptable que les locations AIR Bnb soient possibles dès le mois de juin, et que des restrictions soient posées sur le principe de la réouverture de ces activités.

Donnons de la visibilité à ces professionnels qui ne peuvent, en l’état de ce discours, que commencer à accepter des réservations que pour le mois de juillet.

Il est urgent que le gouvernement soit, enfin, clair sur ces activités qui sont systématiquement oubliées dans le discours public.

Sur le fond, j’émets des réserves quant aux effets d’annonces qui porteraient à 18 milliards le montant injecté dans la relance du tourisme.

Sur ces 18 milliards, 6,2 correspondent à des prêts garantis par l’état.

Des prêts qui devront être remboursés par la suite. Il est facile de garantir des prêts encore faut-il que les bénéficiaires soient en mesure de les rembourser ou bien cela équivaut uniquement à reculer pour mieux s’écraser...

Le reste semble avoir été affecté à la dépense occasionnée par le chômage partiel étendu jusqu’à septembre pour les secteurs liés au tourisme.

Ici encore, cela ne participe pas à la relance du secteur dans la mesure où le chômage partiel répond uniquement à éviter des licenciements du fait d’une sous-activité.

En réalité, ce ne serait que 1,3 milliards d’euros qui seraient investis dans la relance, un plan d’investissement porté par la Caisse des dépôts et par Bpifrance.

Ceci est à mettre en perspective avec le fait que la saison devra se faire sans les touristes étranger avec un pouvoir d’achat plus important.

Un plan dont les contours n’ont pas été encore dévoilés et qui ne bénéficiera qu’à 2000 entreprises en France.

La relève des tickets restaurants est intéressante bien que les français qui subissent la crise ne vont pas avoir comme préoccupation d’aller dans des restaurants dépenser plus de 38 euros par personne et par jour.

Enfin, je note que rien est proposé pour le problème des saisonniers qui ne vont pas être embauchés pendant l’été, et sur l’ensemble des sous-traitants ou fournisseurs de l’industrie touristique qui ne bénéficient quant à eux d’aucune mesure d’accompagnement.

Rien n’est prévu pour les villes touristiques comme la nôtre qui devront pourtant faire des efforts importants pour aider les professionnels en difficultés.

Ces mesures ne relèvent donc pas, sauf à en oublier ses cours d’histoire, d’un « plan Marshall », tout au plus d’un plan « Edouard Philippe ».

Il aurait fallu beaucoup plus d’ambition, reconnaître comme les catastrophes naturelles un état d’urgence sanitaire (proposition de mon collègue de CANNES) et notamment, fixer des exonérations temporaires de charges qui pèsent sur ces entreprises pour les aider à ne pas plonger à la fin de la saison.

Un assouplissement des normes excessives est, également, souhaitable pour libérer ces entreprises de contraintes que l’Etat a multiplié à leur égard au cours des années précédentes.

Pour mieux comprendre la réalité locale et agir à notre échelle, je vous exposerai prochainement, à travers une enquête menée par l’Office de Tourisme, la situation actuelle ressentie et décrite par les professionnels du tourisme à Saint-Raphaël et j’évoquerai quelques pistes au niveau de la ville sachant que l’aide de l’Etat doit quant à elle être plus ambitieuse et plus concrète.

Bon courage,