Un conseil municipal solennel en hommage à Samuel Paty.

La vie du conseil municipal

Le Maire a présenté son plan contre la radicalisation

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Suite à l’effroyable attentat terroriste perpétré le 16 octobre contre le professeur Samuel Paty, des mesures fortes ont été annoncées par le Maire de Saint-Raphaël et Président de la Cavem, lors du Conseil municipal du 22 octobre. Tout un plan d’actions visant à juguler toute forme de radicalisation et d’embrigadement a été dévoilé. Frédéric Masquelier a rappelé devant l’affichage symbolique des caricatures de « Charlie Hebdo » le droit inaliénable à la liberté d’expression.

 

« Ce n'est pas parce que la liberté d'expression peut poser des problèmes, parce qu'il existe dans la rue des ignorants et des déséquilibrés, parce qu'il existe des prêcheurs de haine pour les manipuler, qu'il faut y renoncer, qu'il faut renoncer à ce que l'on croit juste. Et l'exposition, ce soir, de ces caricatures dans un lieu solennel est juste.S’il existe une certitude, c’est que le combat contre le fanatisme, l’islamisme radical et le salafisme, car il faut donner un mot aux choses, est celui que nous devrons mener avec le plus de courage et de détermination au cours des prochaines années », a déclaré Frédéric Masquelier.

 

Face à ce nouvel acte de barbarie, qui a pour objectif de briser la cohésion nationale et remettre en cause les valeurs de la République, la Ville de Saint-Raphaël entend apporter des réponses fortes afin que notre société ne cède jamais face à la terreur et aux intolérances intégristes. Le Maire a proposé au Conseil municipal de réaffirmer la liberté d’expression et le principe de laïcité comme des valeurs fondamentales de la République et d’approuver la mise en place d’une politique communale visant à lutter contre toute forme de radicalisation, notamment en direction des plus jeunes.

Un plan d’action communal et intercommunal

Le Maire de Saint-Raphaël et Président de la Cavem a annoncé qu’un groupe de travail exceptionnel associant les communes de la CAVEM, et notamment, Saint­ Raphaël, Fréjus et Puget-sur-Argens, sera mis en place, dès la première semaine du mois de novembre, avec pour thématique la sécurité, la prévention de la délinquance et la lutte contre toute forme de radicalisation.

L’accès aux fichés « S » du territoire

Il a été souligné que la convention de coordination conclue entre la commune de  Saint-Raphaël et  l'Etat  arrivant  à  expiration  le 27 décembre 2020, il sera demandé, à l'occasion de son renouvellement, aux représentants de la police et de la justice, d'étendre son périmètre d'intervention en incluant un volet « lutte contre la radicalisation ». « Ce nouveau volet sera obligatoire, prioritaire et permanent » a expliqué Frédéric Masquelier. « De plus, la Commune sollicitera à nouveau, et sans relâche, auprès de la Police Nationale et/ou du Procureur de la République et/ou du Préfet, l'accès aux informations des fichiers recensant l'ensemble des fichés « S » du territoire ».

Création d’un Conseil des Droits et Devoirs des Familles

Parallèlement à ces mesures, la Ville procédera à la création d'un « Conseil des Droits et Devoirs des familles » (CDDF) qui aura pour objet, par le prisme du décrochage scolaire et/ou de la petite délinquance, de détecter les premiers signaux en matière de radicalisation. Il permettra de mieux évaluer les risques de déviance. « A notre niveau, ici, nous n'accepterons pas, que des petits garçons ne saluent pas les petites filles à l'entrée des écoles, que de jeunes garçons refusent d'écouter de la musique, que des femmes restent isolées et emprisonnées chez elles, que des enfants ne soient plus scolarisés dans l'enseignement public, que des certificats d'exemption du sport soient délivrés avec une certaine complaisance aux jeunes filles, que des salles de sports subventionnées soient réservées aux hommes, que des repas de substitution soient servis sous couvert de diversité, que des créneaux horaires soient réservés aux femmes pour la pratique de certaines activités, que des quartiers entiers se communautarisent », a souligné le Maire.

Exiger la remontée des actes de radicalisation

C'est dans ce contexte que le Directeur Académique de l'Education Nationale sera contacté par la Ville en vue d'obtenir une remontée systématique de tous les actes de radicalisation en milieu scolaire « car ici encore il conviendra de sortir des discours convenus, du type, il n'y a aucun problème », estime Frédéric Masquelier.

Des référents « laïcité »

Pour compléter  ces informations,  des référents « laïcité », en lien étroit avec les écoles communales et les structures associatives du territoire, seront immédiatement désignés au sein des services Education et Sports de la collectivité. Des formations en matière de détection et de traitement de la radicalisation seront régulièrement organisées à destination des agents de la Commune.

Une conférence consacrée à l’islamisme radical

Le thème de la laïcité deviendra un axe fort de la programmation culturelle et événementielle de la Commune. Ainsi, après avoir déjà accueilli Philippe Val et Jeannette Bougrab, le 9 décembre 2020, date anniversaire de la Loi de 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat, une conférence sur l'islamisme radical sera proposée dans le cadre du cycle des conférences de 18h59.

Un contrôle amplifié des associations

Un contrôle amplifié sera réalisé dans le cadre du soutien de la collectivité aux associations locales. A cette fin, une charte sera adoptée afin de subordonner l'octroi de toute subvention ou de tout avantage municipal (mise à disposition de locaux, prêt de matériels...) au plein respect de nos principes républicains les plus élémentaires, et particulièrement le respect d'une égalité stricte entre les hommes et les femmes. « En cas de non-respect de ladite charte, les subventions et tout autre avantage municipal accordés seront supprimés », a précisé Frédéric Masquelier. Le remboursement des éventuelles subventions versées sera également exigé.

« Voici concrètement ce qui peut être mis en place, en espérant qu'au-delà des discours et des annonces, nous commencions à nous relever et à ré-espérer dans les valeurs de notre République et dans les valeurs des lumières », a réaffirmé le Maire. Et de conclure : « C'est un devoir à l'égard des générations futures, de nos enfants et de nos petits-enfants à qui nous léguons déjà un monde bien dégradé, laissons-leur au moins un monde dans lequel leur liberté de pensée sera préservée ».