Depuis 13 ans, Robert Dancette est le président heureux de la Gaule de l'Estérel. 1300 licenciés dont près de 350 sur le seul secteur de Saint-Raphaël.

Rencontre avec :

La Gaule de l’Estérel veille sur nos rivières

Créée en 1936, la Gaule de l’Estérel est l’une des plus anciennes des 26 AAPPMA (Associations Agréées pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques) que compte la Fédération de pêche du Var. Une entité départementale forte de 14000 licenciés et qui gère quelque 900km de cours d’eau et plus de 3500 ha de plans d’eau.

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Pour la Gaule de l’Estérel, le terrain de jeu est un peu plus petit et se limite aux rivières et plans d’eau étalés sur les territoires communaux de Fréjus, Puget/Argens et Saint-Raphaël. Cela représente tout de même plus de 1300 pêcheurs, dont près de 350 sur le seul secteur raphaëlois pour deux zones de pêche (l'écrêteur des Cous et la rivière l’Agay).

Alors à quoi sert une AAPPMA ? Quel rôle joue-t-elle au quotidien sur l’écosystème de nos rivières ? Quelles espèces de poissons peuplent nos plans d’eau ? Ces questions, nous les avons posées au président de la Gaule de l’Estérel depuis 13 ans, Robert Dancette. Explications.

Président, quelle est le rôle d’une AAPPMA ?

« Avant tout, elle sert à préserver l’équilibre piscicole dans nos rivières et nos lacs sur un secteur bien défini. Pour cela, elle lutte contre le braconnage avec la présence permanente de 6 gardes-pêche sur le secteur. Elle procède régulièrement à l’empoissonnage des lieux de pêche. Elle mobilise ses bénévoles à chaque vidange de bassin, type l'écrêteur des Cous, afin de transférer les poissons et nettoyer les fonds de ces retenues d’eau artificielles. En dernier lieu, elle joue un rôle de surveillance quant à l’état de certains cours d’eau. Elle n’a pas vocation à intervenir mais elle peut signaler. C’est pour cela que l’on nous surnomme les sentinelles de la rivière ».

Tout cela à un coup. Qui paye ?

« Les communes dont nous dépendons nous aident toujours un peu mais l’essentiel de nos dépenses est pris en charge par la vente des cartes de pêche (74€ pour la carte départementale, 95€ pour la nationale). 3€ nous sont reversés sur chacune d’entre-elles et notre fédération départementale finance une grande partie de nos opérations annuelles d’empoissonnage (environ 10.000€). A ce sujet, je tiens d’ailleurs à préciser que contrairement à certaines idées reçues, nos pêcheurs relâchent systématiquement leurs prises. C’est également nous qui défrayons les gardes-pêche dont le travail est crucial pour la préservation des espèces ».

En parlant d’espèces, que pêche-t-on à Saint-Raphaël et quelle taille de poisson ?

« Un peu de tout. A l'écrêteur des Cous et dans l’Agay on trouve des brochets, carpes, Black Bass, perches, sandres, silures que l’on ne pêche d’ailleurs que sur une partie de l’année ou encore des tanches, gardons, brêmes que l'on pêche toute l'année. Certains spécimens peuvent dépasser les 25 kg sans problème. Parfois on trouve même des mulets qui n’hésitent pas à remonter les rivières ».

Vous avez aussi développé une école de pêche ?

« Oui. Il n’y en a que 2 dans le Var dont la nôtre qui se situe à Fréjus. On forme les enfants à la pêche. On leur apprend les différentes techniques, le matériel, le respect du milieu aquatique et surtout la vie des poissons. Il y a 2 ans on a même eu un champion de France minime, Enzo Bachelez, un jeune raphaëlois au club depuis neuf ans. Et puis on organise aussi 5 concours par an, ouverts aux jeunes et aux adultes ».

Un dernier mot sur les récentes intempéries qui ont touchées votre zone de pêche ?

« C’est délicat de parler de catastrophe avec ce que certaines personnes ont vécu ces derniers jours. Entre ceux qui ont été touchés dans leur chair, puisqu’il y a eu des morts, ou ceux qui ont tout perdu, parler de nos problèmes paraît bien dérisoire. Mais pour répondre à votre question, pour l’heure, il est dur de quantifier l’impact réel sur la faune locale. Je pense que plus de la moitié des poissons qui peuplent nos plans ou cours d’eau n’ont pas survécu. Même ceux qui vivent dans des bassins artificiel ont été touchés, ne serait-ce que par l’ouverture des vannes de sécurité qui aspirent tout ce qui se trouve au fond de l’eau. 2020 risque donc d’être compliqué à gérer pour nous car faute de moyens et vu la zone impactée (tout le Var), nous ne pourrons pas rempoissonner comme nous le devrions. Un retour à la normale s’annonce long et difficile. A moins qu’un généreux mécène nous vienne en aide… ».