Le président Macron saluant Frédéric Masquelier, en présence du président Nicolas Sarkozy.
Le président Macron saluant Frédéric Masquelier, en présence du président Nicolas Sarkozy.

Infos générales

Emmanuel Macron a présidé la cérémonie du 15 août 44 à Saint-Raphaël

Le président Macron a choisi la Nécropole nationale de Boulouris pour rendre hommage aux combattants qui ont permis la libération de notre territoire. La cérémonie s’est déroulée en présence, notamment de monsieur Alpha Condé, président de la Guinée, de monsieur Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire, du président Nicolas Sarkozy et du maire, Frédéric Masquelier.

Publié le

Deuxième acte des opérations de libération de la France, le débarquement de Provence écrit une page cruciale de notre histoire, comme l’a souligné le président Macron : « Il y a 75 ans avec l’aide des forces alliées, la France brisait enfin les chaines dans lesquelles l’armée d’Hitler l’avait enserrée durant quatre longues années. Pour la seconde fois, cette année 1944, une armada de braves débarquait sur les plages de notre Pays pour le délivrer du joug de l’occupant. Il y eut le débarquement de Normandie et il y eut le débarquement de Provence. Il y eut le 6 juin et il y eut le 15 août. Sur les plages de Cavalaire et de Saint-Raphaël, dans les villes de Toulon et de Marseille, dans les massifs des Maures et de l’Estérel, la France renouait enfin avec le fil rompu quatre ans auparavant ; celui de ses valeurs et de sa grandeur. »

Un discours de quelques vingt minutes dans lequel le chef de l’Etat a rendu un hommage appuyé à l’Armée d’Afrique et à ses valeureux soldats. Et de conclure : « En ce jour, nous nous rappelons combien le débarquement de Provence et l’épopée de nos armées ont été décisifs pour la France et pour l’Europe. Pour la place de la France dans le cercle des puissances victorieuses. Pour la place de la France dans le monde. »

Frédéric Masquelier rend hommage aux 464 soldats inhumés à la Nécropole

C’est devant la stèle du débarquement, face au théâtre des opérations, que le premier magistrat s’est adressé aux autorités civiles et militaires, aux associations patriotiques, en présence, notamment de l’ambassadeur de Grande-Bretagne, Ed Llewllyn, du capitaine de Frégate de la Marine des Etats-Unis, Christopher Lepore, madame Elizabeth Hook, fille du GI américain Sam Levy, soldat ayant débarqué au Dramont.

 

« Au petit matin, le 15 août 1944, la Camel Force débarque sur la plage du Dramont, ici » a expliqué le maire. « Cette plage qui portait le nom de code de « Green Beach » et qui avait dû remplacer en dernière minute la « Red Beach », la plage du Veillat et Fréjus plage, sur lesquels les allemands avaient rendu le débarquement trop complexe. D’autres forces débarqueront sur la « Blue Beach », la calanque d’Anthéor préférée à la « Yellow beach », celle d’Agay. En effet, l’essentiel du débarquement se fait au Dramont car cette plage de galet, pratique pour les véhicules, où il y avait peu d’habitations, facilitait l’arrivée des hommes. 150 péniches comme celle qui se trouve ici, sur cette place, ont ainsi pu déverser les milliers d’hommes nécessaires à cette opération, le tout en moins de dix heures. »

 

L'objectif était simple et ambitieux à la fois : débarquer suffisamment d’hommes et de matériaux pour constituer une ligne de front de vingt-cinq kilomètres. L’opération va être beaucoup plus rapide et efficace que prévue : dès le 15 au soir, les Américains tiennent deux zones, l'une couvre l'Estérel, l'autre enjambe les Maures. Pour Frédéric Masquelier « c’est notre devoir de faire en sorte que chacun se souvienne de ce débarquement du 15 août. C’est notre devoir de faire en sorte que l’on s’en souvienne à sa juste valeur. » Et de poursuivre : « Ce devoir de mémoire, nous le devons aux 464 soldats morts pour la France et inhumés à la Nécropole nationale de Boulouris. Ce devoir de mémoire nous le devons au millier de soldats tombés pour notre liberté. Pour notre liberté, ils ont fait sacrifice de leur jeunesse, ils ont fait sacrifice de leur vie. Souvenez-vous, transmettez ces faits de bravoures et luttez contre l’oubli qui serait comme une seconde mort pour ces soldats à qui nous devons tant. »

Aussi au viaduc d’Anthéor

A l’initiative de monsieur Alain Dubreuil, président de l’association « Anthéor Hier et Aujourd’hui », une nouvelle cérémonie officielle a pris place dans le programme municipal des commémorations du 15 août. La célébration rend hommage à la mémoire des 860 soldats qui ont posé le pied sur la Camel Blue Beach, nom de code de la plage d’Anthéor. Un événement qui a été marqué par le dévoilement d’une plaque commémorative par le maire, Frédéric Masquelier, et la présence du capitaine Christopher Lepore, capitaine de Frégate de la Marine des Etats-Unis, ainsi qu’un détachement de l’US Army qui a procédé à une garde aux drapeaux, marque d’estime des autorités américaines envers Saint-Raphaël. « C’est la première fois depuis 75 ans, depuis le 15 août 1944, que des soldats américains viennent sur Camel Blue Beach pour honorer la mémoire de leurs camarades morts ou disparus au combat, blessés ou non » relevait Alain Dubreuil.  

 

« Au matin du 15 Août 1944, de 6h30 à 8h00, plus de 400 bombes sont larguées par quatre vagues de bombardiers, plus de 400 obus sont tirés par le seul Destroyer USS Brooklyn et plus de 2000 roquettes s’abattirent sur la zone de la plage, du viaduc et leurs abords dans les minutes précédant 8h00 » précisait le premier magistrat. « La conquête de la plage d’Anthéor est confiée à une unité de Texans aguerrie dans les combats d’Italie : les 860 hommes du 1er Bataillon du 141ème Régiment d’Infanterie de la 36ème Division d’Infanterie dite « Texas ». A 8h06 la première des cinq vagues débarque sur la plage. Les barges se succèdent, le débarquement est lancé, la calanque est conquise vers 10h00. L’héroïsme des soldats qui ont combattu, qui ont parfois été blessés, qui sont parfois tombés ici ne doit jamais être oublié » concluait le maire.  L’opération Dragoon a reçu la plus haute distinction en recevant une citation par le Président Eisenhower.