L'adjudant/chef Cristian Borro est à la tête de l'UNP Var-Est depuis 6 ans maintenant.

Rencontre avec :

Christian Borro : « On a un devoir de mémoire »

A la tête de la section Var-Est de l’Union Nationale des Parachutistes, regroupant sur le secteur 89 « anciens paras » et une poignée d’« amis » de l’association triés sur le volet, l’Adjudant/Chef Christian Borro est l’un des plus fidèles gardiens du temple de la mémoire de cette troupe d’élite.

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Son but : être un véritable trait d’union entre une jeunesse parfois en manque de repères et ces anciens qui, pour certains, sont allés jusqu’au sacrifice suprême, pour garantir notre liberté et les valeurs de notre société actuelle. Petit tour d’horizon avec cet homme qui ne vit pas dans la nostalgie d’un passé, mais qui se sert de celui-ci pour mieux bâtir l’avenir.

Président, quel rôle peut jouer votre association dans la société actuelle ?

« Avant d’ouvrir le débat, je tenais à préciser une chose. L’UNP est une association apolitique. Chacun est libre de voter en son âme et conscience et nous ne donnons aucune consigne de vote ou de soutien pour un parti politique. En revanche, il est vrai que ce qui nous motive, c’est l’amour de la patrie, de la République, de ses symboles et de toutes les valeurs que cela représente. Ceci passe par différentes actions civiques et patriotiques variées dont la plus visible est notre présence indéfectible à toutes les manifestations commémoratives ».

Justement, on entend de plus en plus souvent parler de diminuer le nombre de commémorations militaires. Votre avis ?

« C’est une très grave erreur. Au contraire, il serait plus judicieux d’instruire notre jeunesse sur la nature même de ces commémorations. Leur expliquer ce qu’elles représentent. Ce n’est pas parce qu’il n’y a plus de survivants de certains conflits, comme la première guerre mondiale par exemple, que nous ne devons plus honorer la mémoire de ceux qui ont souffert dans leur chair ou sont tombés pour qu’aujourd’hui nous puissions vivre libre. De même, on oublie un peu trop vite à mon goût, tous les conflits où nos soldats ont été engagés et y ont perdu la vie. Notre histoire collective, surtout moderne, ne s’arrête pas aux seuls deux grands conflits mondiaux du XXe siècle. Il y a plein de théâtre d’opérations, il est vrai extérieur au territoire national, où la France s’est retrouvée engagée. C’est le cas du Mali actuellement, mais il y a eu l’ex-Yougoslavie, le Tchad, l’Afghanistan, l’Irak, le Liban, le Kosovo, le Rwanda, etc… Les gars n’y sont pas allés par plaisir mais par sens du devoir, par conviction. Et cela on l’oublie ». 

D’où votre désir de le rappeler sans cesse ?

« On n’est pas nostalgique d’une certaine époque. Prenez l’exemple de l’Indochine. Quand nous fêtons la fin de la bataille de Dien-Bien-Phu ou l’opération « Castor », on n’honore rien d’autre que le courage de nos militaires qui ont accompli bien plus que leur devoir. Il n’y a pas de message politique derrière cela, ni le regret d’une époque révolue. En revanche enseigner à nos jeunes le sacrifice qu’ont fait nos ainés, leur apprendre le respect des autres mais aussi de soi, la valeur des choses, le goût de l’effort et la récompense qu’il y a au bout, voilà l’une des missions réelles de l’UNP. Bien sûr, nous prenons soins de nos anciens, des victimes de guerre et des familles de parachutistes puisque c’est notre arme, mais comme je vous l’ai dit, notre association n’a pas qu’une seule facette et c’est pour cela qu’elle a été reconnue d’utilité publique en 1978 ».

Un souhait pour l’avenir ?

« Quelques-uns même à commencer par voir un peu plus de monde aux manifestations patriotiques. Plus de jeunes, plus de paras, plus de public… Sur Fréjus / Saint-Raphaël, il y a 32 associations patriotiques. Si chacune d’entre-elle ne déplace que 10 personnes seulement, vous voyez déjà ce que cela peut donner. Ces derniers temps, certaines écoles des 2 villes ont fait l’effort d’envoyer des classes lors de cérémonies mais ce n’est pas systématique. Quand vous croisez des gens dans la rue, que vous leur demandez ce qu’est le 11 novembre et que la seule réponse est : « c’est un jour férié », vous voyez bien qu’il y a un malaise. Une carence quelque part. Nous avons la chance d’avoir ici le musée des troupes de Marine. Combien de classes de nos 2 villes l’ont visité alors que l’entrée est gratuite. Et pourtant, ce sont tous ces petits détails mis bout à bout qui vont façonner l’homme ou la femme que vous serez demain. On ne prêche pas pour recruter du monde, pour faire de nos enfants des militaires. On cherche seulement à leur offrir les clés des portes qui vont faire d’eux des citoyens. Ce sont ces valeurs que l’on nous a inculqué chez les Paras et qu’à notre tour nous voulons transmettre ».