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Beate, Serge et Arno Klarsfeld : « un combat moral pour la vérité »

C’est une rencontre exceptionnelle à laquelle a assisté le public Raphaëlois ce 6 février. Une rencontre avec une famille dont le combat pour la reconnaissance de la Shoah a été déterminant. Une rencontre avec l’histoire, celle qui s’écrit avec un grand H. Plus de 1000 personnes ont fait le déplacement pour venir écouter ce témoignage d’une vie, d’une cause « légitime et juste ».

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Entrés de leurs vivants dans la légende

Précédée par la diffusion d’un documentaire d’Elisabeth Lenchener « Serge et Beate Klarsfeld, guérilleros de la mémoire », la rencontre a permis de découvrir dans le détail les Klarsfeld. Depuis la genèse de leur couple hors-norme « Tout ce que l’on voulait s’était être heureux, transcender notre propre vie, s’intéresser au monde » ; leur lutte sans relâche contre l’antisémitisme, leur volonté de défendre la mémoire des juifs déportés « En tant qu’allemande j’avais la responsabilité morale de la mort de 6 millions de juifs », jusqu’à leur traque des nazis les menant du Chili à Auschwitz, de Venise à Cologne, de la Syrie à La Paz.

« Il faut chercher à ne pas déroger »

De réquisitoires en prétoires, leurs actions ont bousculé le cours de l'histoire et ont permis de modifier l’ensemble des lois relatives à l’imprescriptibilité du crime contre l’humanité ! Une entrée en matière offrant aux deux modérateurs de cette soirée qu’étaient Monique Atlan, rédactrice en chef à France 2, productrice de l’émission littéraire « Dans quelle éta-gère » et le philosophe et chroniqueur Roger-Pol Droit, de proposer au public une conversation en quatre temps, restituant les grands enjeux « d’une cause légitime et juste », comme l’a définie Serge Klarsfeld, pour prendre la pleine mesure du travail et de l’engagement de cette famille.

Infailliblement soudés dans l’engagement

Cet entretien, aussi passionnant qu’édifiant, a permis d’évoquer tour à tour leurs 60 ans d’amour et de combats communs ; leur action pour désigner, traquer et faire juger les criminels nazis « ils étaient un obstacle à la réconciliation entre la France et l’Allemagne », en regard de leur culpabilité au travers de procès retentissants : Bousquet, Papon, Touvier, Barbie... D’aborder la question de la mémoire au moment où les derniers témoins de la Seconde Guerre mondiale s’éteignent peu à peu : « notre travail a été de rendre à chaque victime son identité, son parcours »; de s’interroger sur les dangers de l’antisémitisme en France.

Un plaidoyer pour la démocratie

« Les démocraties sont un espace précieux de liberté. Résistez aux promesses des démagogues ! Les jeunes générations n’ont pas connu la guerre, la dictature, il faut préserver le monde exceptionnel dans lequel nous vivons, améliorer l’éducation, le système démocratique et faire confiance à ceux qui veulent le faire dans un esprit consensuel. Un jour, l’antisémitisme sera peut-être vaincu, aujourd’hui, la priorité, est de défendre la société dans laquelle nous vivons et qui nous protège ! », a conclu Serge Klarsfeld sous une dernière salve d’applaudissements.