Infos générales

15 août 1944 : La Ville honore la mémoire des combattants

Trois cérémonies ont ponctué la commémoration du 76e anniversaire du débarquement de Provence à Saint-Raphaël. Trois célébrations pour rendre hommage aux jeunes soldats qui ont vaillamment et courageusement combattu pour sauver nos idéaux face à la barbarie, parfois, jusqu’au sacrifice suprême.

Publié le

« Jamais nous n’oublierons le courage dont ils ont fait preuve » devait déclarer Frédéric Masquelier lors de la cérémonie organisée à Anthéor, en présence des corps constitués. « Jamais nous n’oublierons ce qu’ils ont fait pour la France, jamais nous n’oublierons ces milliers de jeunes qui ont combattu et qui nous ont tout donné, jamais nous n’oublierons les soldats qui, ici, sont tombés. »

Anthéor : l’hommage au sergent Rosenbluth

« Nous sommes ici pour honorer les 860 soldats américains du 1er Bataillon du 141e Régiment de la 36e Division d’Infanterie, auquel a été assigné l’objectif de s’emparer de la plage « Camel Blue » nom de code de la plage d’Anthéor,  et plus particulièrement leurs camarades morts ou disparus au combat» devait expliquer Alain Dubreuil dans son allocution, ce 14 août. Le président de l’association « Anthéor Hier et Aujourd’hui » a ensuite rendu un vibrant hommage au sergent Dave Rosenbluth, dernier vétéran du bataillon à être encore de ce monde, qui débarqua ici avec la Compagnie A. Un second hommage est allé à Charly Esline, Commander des Amis de l’American Legion, qui participa au débarquement de Normandie. Le maire de Saint-Raphaël a rappelé pour sa part combien « le débarquement de Provence a été déterminant pour libérer le sud de la France et aussi important d’un point de vue militaire que celui du 6 juin ». Citant l’historien Jean-Pierre Azéma : « Si ce débarquement est second par sa date, il est tout sauf secondaire par son importance ; Hitler déclarant : « C’est le jour le plus sombre de ma vie ».

Nécropole de Boulouris : l’hommage aux 464 combattants reposant en terre raphaëloise

Ce 15 août à 9h30, c’est sous la présidence du sous-préfet de Draguignan, Eric Wispelaere, que s’est tenue la première commémoration de la matinée, en présence des autorités civiles et militaires. Au pied de la stèle inaugurée le 15 août 1964 par le général de Gaulle, Jean-Claude Maxime, représentant le Celap,  remémorait les pertes de l’opération Anvil Dragoon : « Ce sont plus de 94 000 soldats et 11 000 véhicules qui ont débarqué sur nos côtes. Au cours de cette opération, entre le 15 et le 29 août 1944, les pertes humaines s’élèvent à 933 tués, 19 disparus et 3 732 blessés. Les corps de 464 combattants de toutes origines et de toutes confessions, appartenant à la 1ère Armée Française, reposent en cette Nécropole Nationale de Boulouris. Ne les oublions pas ! »

Plage du Dramont : « Un moment crucial de la guerre… »

C’est par le largage de quatre parachutistes aux couleurs des Alliés et de Saint-Raphaël que la cérémonie au Dramont a merveilleusement débuté, sous les applaudissements du public. Alors que le consul des Etats-Unis d’Amérique, Russel Zalizniak, rappelait combien l’opération Anvil Dragoon avait été « essentielle dans la libération de la France », Frédéric Masquelier expliquait : « Dans la vaste entreprise militaire entamée, depuis le 5 juin 1944, pour briser en Europe la puissance du IIIe Reich Allemand, le 15 août marque une date décisive. Le débarquement intervient à un moment crucial de la guerre car concomitant avec l’offensive menée par le général Eisenhower, après le succès du débarquement des troupes de Montgomery et Bradley sur les côtes de la Manche. Moment crucial car concomitant avec l’échec des contre-offensives germaniques. Moment crucial car c’est le moment où la résistance, à travers les Forces Françaises de l’Intérieur, empêchaient l’arrivée de 8 divisions, dont 3 divisions de Panzers, de se porter en Normandie. Moment crucial car c’est le moment où, à Paris, l’insurrection nationale guette impatiemment un signal pour apparaître au grand jour. Moment crucial car c’est le moment où, en Italie, l’ennemi arrive à se rétablir dans les Alpes, tandis qu’en Russie il lutte avec acharnement. » Et le premier magistrat de souligner : « C’est dans ces circonstances de guerre totale que le débarquement de Provence, le troisième après la Sicile et la Normandie, est donc une opération nouvelle, essentielle, déterminante, qui a permis d’éviter l’enlisement et d’établir définitivement un rapport de forces favorables pour la France et ses alliés. »

 

Un discours que Frédéric Masquelier a conclu par ces paroles : « Essayons simplement de nous montrer à la hauteur de ces hommes, soyons fiers de ce que nous sommes, soyons fiers de notre pays, soyons fiers de notre histoire, soyons fiers tout simplement d’être français comme ceux que nous honorons aujourd’hui l’ont été. »

 

Les cérémonies ont été ponctuées par les hymnes nationaux américains, britanniques et français et de nombreux dépôts de gerbes, notamment par Frédéric Masquelier, maire de Saint-Raphaël et président de la communauté d’agglomération, Eric de Wispelaere, sous-préfet de Draguignan, le capitaine de Vaisseau Thomas Winkler pour l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique, Russel Zalizniack, consul des Etats-Unis d’Amérique à Marseille, le capitaine Bosset, représentant le lieutenant-colonel Courtiau, commandant d’Armes de la place de Fréjus-Saint-Raphaël, chef de Corps du 21e RIMA, Alain Dubreuil pour l’association Anthéor Hier et Aujourd’hui, le vice-commander Charles Esline pour l’association The Friends of the American Legion, ainsi que par de nombreux élus du département et de l’agglomération, les représentants des associations patriotiques.