Histoire

Les origines

Les premières traces d’une vie humaine sur le territoire se révèlent dès le Paléolithique comme l’atteste la découverte de différents outils dans l’Estérel. A l’aube du Néolithique, la sédentarisation de l’homme se traduit par de nombreux témoignages : dolmens, menhirs, outils et objets votifs. Plus tard, les Ligures dresseront des vigies dans l’Estérel et dessineront les premières routes.

La domination romaine

La romanisation du territoire s’instaure avec la fondation de Forum Julii en 49 avant notre ère. L’occupation se manifeste principalement par des exploitations agricoles, où vignes et oliviers sont cultivés, ainsi que par des échanges maritimes. Au temps de la Pax Romana, où l’hégémonie de Rome atteint les confins de la Méditerranée, un commerce florissant se développe. De nombreux navires sillonnent les eaux et les vestiges de l’antique phare romain sur le Lion de mer témoignent de l’intensité de ce commerce maritime. A ce titre, Saint-Raphaël possède un riche patrimoine archéologique sous-marin, à l’image des épaves gallo-romaines découvertes près de nos côtes sur les sites de l’Ile d’Or au Dramont, autour de la balise de la Chrétienne à Agay et au large du Cap Roux à Anthéor. Aménagée sous l’empereur Auguste, la Via Aurelia est alors la grande voie romaine de la côte méditerranéenne, Son tracé, parfois encore visible, parcourt l’Estérel de Théoule à Agay. Avec la chute de l’empire romain, en 476, viendront les déferlements barbares puis, au VIIIème siècle, les incursions sarrasines. Le territoire se relève en 973 avec la reconquête des terres par Guillaume 1er, comte de Provence de 968 à 993. Le village peut alors se reconstruire.

Au Moyen-âge

Saint-Raphaël entre sous ce nom dans l'Histoire, au milieu du XIème siècle par la mention de l'église romane, construite sur les ruines d'édifices antiques.  Au XIIIème siècle, le bâtiment est alors le centre d'un domaine épiscopal qui a donné naissance à un village fortifié, le castrum autour de la demeure seigneuriale. La tour du clocher complète le paysage.

Du XVIème au XVIIIème siècle

Le village se construit et s’agrandit à proximité de l’église devenue paroissiale.  En 1540, on y compte cinquante-sept maisons. Au fil du temps, la vie du quartier s’y organise autour de ses places (aujourd’hui République, Carnot, Victor-Hugo) où métiers et petits commerces se développent. En 1690, les habitants du village choisissent leurs armoiries : l’archange Raphaël est représenté en compagnie du jeune Tobie. Ces armoiries seront enregistrées à l’Armorial général de France dressé par Charles d’Hozier entre 1697 et 1709 : « D’azur, à l’archange Raphaël conduisant le petit Tobie, le tout d’or ». Au cours du XVIIIème siècle, la ville se tourne vers la mer, le quartier de la marine se développe autour du port par une activité économique liée à la pêche.

Sous la Révolution et l’Empire

En février 1794, Saint-Raphaël dénombre moins de 400 habitants. Le village prend le nom de Barraston en l’honneur du puissant vicomte de Barras, député suppléant du Var et homme clé du Directoire. Ce nouveau patronyme n'aura cependant qu'une existence éphémère de 16 mois. C’est aussi à Saint-Raphaël que commence et s’achève l’épopée napoléonienne. Après avoir quitté Alexandrie le 23 août 1799, Napoléon Bonaparte y jette l’ancre au matin du 9 octobre, couvert des lauriers moissonnés en Egypte. De retour à Paris le 16 octobre, il participe au coup d’Etat du 18 Brumaire qui lui assure le pouvoir. La nouvelle Constitution proclamée, Bonaparte devient à 30 ans, Premier consul. Quinze ans après son glorieux débarquement, il retrouve au soir du 27 avril 1814 la plage raphaëloise. La désastreuse campagne de Russie, la défaite de Leipzig et la chute de Paris l’ont conduit à abdiquer. L’Empereur monte à bord de « l’Undaunted » qui fait alors voile sur l’Ile d’Elbe, son lieu d’exil.

Au XIXème et XXème

A la fin du XIXème siècle, le port se développe autour de l'activité commerciale et touristique liée à la pêche et au commerce maritime (exportation de bauxite, pavés en estérelite du Dramont, poteaux de mine, bouchons de liège…). Ces Échanges marchands avec l’Amérique, l’Afrique du Nord, l’Italie, la Grèce, les Pays-Bas ou encore la Grande Russie se poursuivront plusieurs décennies.  La première Prud’homie de pêche est instaurée en 1811, elle comptera à Saint-Raphaël jusqu’à deux cents pêcheurs, une vingtaine de nos jours. Facteur de développement touristique, l’arrivée en 1864 de la ligne de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles, appelée P-L-M, attire une multitude de villégiateurs à Saint-Raphaël.  De nombreux écrivains et artistes viennent y résider : Georges Sand, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Alphonse Karr, Frédéric Mistral, Guy de Maupassant ; les peintres Eugène Fromentin et Louis Valtat ; le compositeur Charles Gounod… Sous l'impulsion de Félix Martin, maire dynamique élu en juin 1878, la ville se transforme en station balnéaire moderne avec son casino, ses hôtels et ses villas au charme architectural d'influence palladienne ou mauresque, sa promenade du front de mer et ses bains. D’architecture romano-byzantine, l'église Notre-Dame de la Victoire voit le jour 9 ans plus tard. Œuvre de l'architecte Pierre Aublé, elle est élevée en 2004 au rang de basilique. Le 15 septembre 1914, la commune est érigée en station climatique et balnéaire, hivernale et estivale par le Président de la République Raymond Poincaré, fidèle résident du site.

L’île d’Or

En 1897, l’Ile d’Or, alors propriété de l’Etat, est mise en vente aux enchères. Située au Cap Dramont, elle séduit L’architecte Raphaëlois Léon Sergent qui en fait l’acquisition. Le docteur Auguste Lutaud l’acquiert à son tour en 1909 et y fait construire une tour carrée et crénelée. De style sarrasine, elle s’élève sur 18 mètres de haut par 8 mètres de large et comprend 4 étages. La pierre utilisée pour son édification est directement extraite de l’îlot rocheux par des carriers du Dramont. Les travaux achevés, le docteur Lutaud y organise de somptueuses réceptions auxquelles sont invités personnalités de l’époque et notables locaux. Il se proclame « Roi de l’Ile d’Or » sous le titre d’Auguste 1er. Fantaisiste à souhait, il frappe monnaie, émet des timbres et crée même un hymne national. En 1914, l’arrivée de la Grande Guerre met un terme à ces joyeuses facéties avant qu’un obus de marine ne détruise l’intérieur de la tour au cours de la Seconde Guerre mondiale. En 1962 l’ile d’Or est vendue par Léon Lutaud, fils d’Auguste, au commandant François Bureau. L’officier de Marine entreprend la remise en état de la tour en vue d’y passer ses étés en famille. Il reconstruit les étages, installe un groupe électrogène, des citernes et créer un jardin méditerranéen. L’île d’or demeure l’un des symboles fort de la station touristique et balnéaire.

Le débarquement de Provence

Le 15 août 1944, à 8h00, les 3e, 36e et 45e divisions d’infanterie américaines se lancent à l’assaut de la plage du Dramont, désignée sous le nom de code « Camel ». Suite à d’âpres combats, deux têtes de pont sont établies au soir, de part et d’autres de Saint-Raphaël et Fréjus. Parmi les troupes engagées, se distinguent les Français du « First Combat Command » du Général Sudre. Ce jour-là, mille soldats perdent la vie le long des côtes varoises. Saint-Raphaël est libérée le 16 août au matin. La barge de débarquement US 282, exposée sur l’esplanade du Dramont, devenue lieu de commémoration, porte le n° du LST qui fût atteint par une bombe ennemie filoguidée dans la soirée du 15 août.