Natura 2000

Corps:
  •  Qu'est-ce que le réseau Natura 2000 ?

Le réseau Natura 2000 est constitué d’un ensemble de sites naturels à travers toute l’Europe qui ont été identifiés pour la rareté ou la fragilité des espèces sauvages et des milieux naturels qu’ils hébergent. Ce sont ainsi des espaces essentiels à la survie des espèces et des habitats naturels menacés.

 

 

 Natura 2000, un réseau au cœur du développement durable : 

Le réseau est composé de sites désignés spécialement par chacun des États membres en application de deux directives européennes :

 

La directive “Oiseauxn° CEE 79/409 (1979) qui prévoit la protection à long terme des espèces d’oiseaux sauvages de l’Union européenne et leurs milieux de vie ; les sites qui en dépendent sont classés en Zones de Protection Spéciales (ZSP).

 

La directive “Habitats Faune Flore n° CEE 92/43 (1992) qui complète la précédente, pour tout le reste de la faune, la flore et des habitats naturels. Ainsi, les sites qui en dépendent sont classés en  Sites d’Intérêt Communautaire (SIC) et deviendront des Zones Spéciales de Conservation (ZSC) quand leur classement aura été validé par la Commission Européenne.

Les sites désignés au titre de ces deux directives forment le réseau Natura 2000.

L’objectif principal de ce réseau est de favoriser le maintien de la biodiversité, tout en tenant compte des exigences économiques, sociales et culturelles du territoire, en privilégiant la recherche collective d’une gestion équilibrée et durable.

Cet objectif peut, dans cette optique, requérir le maintien, voire l’encouragement d’activités humaines adaptées. 

La constitution de ce réseau représente ainsi un véritable enjeu de développement durable pour des territoires remarquables.

 

  •  L’état de la constitution du réseau :

 carte_reseau_n2000_france_m_0.jpg

(Cf.: Carte  réseau Natura 2000) 

Celui-ci est actuellement constitué de 26 304 sites de tous pays répartis ainsi :  

- 21 474 Sites d’Intérêt Communautaire, futures ZSC (626 870 km2 soit 12,8% de l’UE)

 

- 4 830 ZPS (486 571 km2 soit 10% du territoire européen).

(Source : DG Environnement Ministère, Février 2008)

 

Sa surface totale est supérieure à celle du territoire de la France métropolitaine et sa constitution n’est pas encore arrivée à son terme ! En effet, si tous les objectifs sont remplis, leréseau devrait couvrir 18% de la surface du territoire de l’Europe des 25 d’ici à 2012.

  

Au 1er janvier 2009, le réseau Natura 2000 français couvrait quant à lui 12.5% (6,9 millions d’ha) du territoire terrestre métropolitain avec 1740 sites répartis ainsi :

- 1360 sites transmis au titre de la directive "Habitats"(ZSC),

- 380 zones de protections spéciales (ZPS) notifiées au titre de la directive "Oiseaux".

 

 Quant au département du Var, le réseau est composé de 31 sites Natura 2000dont 23 ZCS et 8 ZPS.

 

 carte sites n2000 var.jpg

Télécharger la carte des sites Natura 2000 dans le Var

 

 

  • L'application française: le document d'objectifs et la contractualisation (DOCOB):

L’Europe laisse aux Etats membres le choix de la démarche à adopter pour atteindre les objectifs fixés dans le cadre des directives communautaires.

Cette liberté s’apprécie au regard des traditions, us et coutumes de chaque membre de l’Union.

C’est pourquoi, la France a choisi de privilégier une politique de concertation entre les différents usagers et gestionnaires des sites à travers l’élaboration de « documents d’objectifs », outils d’analyse et de planification sur chaque site, devant aboutir à un consensus local sur la façon dont les activités humaines doivent être réalisées pour respecter le milieu naturel et les espèces présentes.

L’élaboration des documents d’objectifs permet de déterminer les enjeux naturalistes et socio-économiques des sites et de proposer des mesures de gestion adaptées. Par la suite, la signature de contrats et de chartes Natura 2000 par les propriétaires des sites permettront de financer les surcouts liés à la gestion mise en œuvre pour la préservation du site.

 

  •  Le document d'objectifs (DOCOB): plan d'orientation et de gestion des sites:

Le DOCOB est à la fois un document de diagnostic et un document d’orientation pour la gestion des sites Natura 2000. Il fixe des objectifs de protection de la nature conformément à des textes dont la protection et la gestion des milieux naturels est la fonction principale.

Il peut également proposer des objectifs destinés à assurer la « sauvegarde des activités économiques, sociales et culturelles qui s’exercent sur le site » conformément à l’esprit de la directive « Habitats » -et seulement en ce sens- qui précise que certaines activités humaines sont nécessaires à la conservation de la biodiversité.

 

  •  Une démarche concertée :

Le DOCOB est réalisé de manière concertée avec l’ensemble des acteurs du territoire concerné (usagers, élus, gestionnaires, propriétaires…). Il dresse un état des lieux du site portant à la fois sur les caractéristiques écologiques et socio-économiques. Il analyse et explique l’état actuel du site, définit et hiérarchise les enjeux de conservation et identifie les objectifs de conservation à atteindre. Il prévoit enfin les mesures permettant d’atteindre les objectifs, définit les priorités et les modalités de financement des actions.

Les grandes étapes d’élaboration du DOCOB sont validées par un comité de pilotage (COPIL), chargé également du suivi de sa mise en œuvre. Depuis les modifications apportées à la loi de Développement des Territoires Ruraux (dite loi DTR), et notamment l’article L.144, le Préfet de département désigne par arrêté ce comité de pilotage qui réunit les représentants des collectivités territoriales, des propriétaires, et des usagers du site.

Les représentants des collectivités territoriales et de leurs groupements au sein du comité de pilotage désignent parmi eux le président du comité ou choisissent de laisser la présidence du comité au préfet.

Les représentants des collectivités territoriales et de leurs groupements désignent également une collectivité (ou un groupement) au rôle «d’opérateur local» en charge de l’élaboration proprement dite du DOCOB. L’opérateur local est chargé de coordonner les études scientifiques, d’animer la démarche de concertation locale et de rédiger le document d’objectifs.

Celui-ci est ensuite tenu à la disposition du public dans les mairies des communes situées à l’intérieur du périmètre du site.

 

  • Contenu du DOCOB :

Le Cahier des Charges pour l’Elaboration des DOCOBS sur les sites Natura 2000 de la DREAL PACA prescrit la constitution des documents suivants : 

- « TOME 0 » : document de « compilation des études préparatoire au DOCOB » ; document bibliographique, état « 0 » du site ;

 - « TOME 1 » : document de synthèse dit « diagnostic, enjeux et objectifs de conservation »

 - « TOME 2 » : document d’application dit « plan d’action », proposant les mesures concrètes à mettre en œuvre sur le site

 

  • La validation du DOCOB :

Dans un souci de cohérence régionale, la validation des DOCOB de la région PACA est conditionnée par l’examen de la partie scientifique par le CSRPN. Cet examen intervient à 2 étapes :

- lors de la finalisation des Tomes 0 et 1

- lors de la finalisation du Tome 2.

 

L’opérateur local a alors pour mission de présenter les résultats de son travail sous forme d’un diaporama synthétique et adapté à l’ordre du jour. Une fois les remarques prises en compte par l’opérateur, les documents sont également soumis au COPIL pour approbation.

Une fois le DOCOB totalement validé et corrigé, il doit être définitivement approuvé par arrêté préfectoral.

 

 

  • Quels sont les avantages de Natura 2000 :

L’objectif est de préserver les enjeux environnementaux sans que les intérêts économiques en pâtissent.

Il ne s’agit, en aucun cas, de « mettre sous cloche » un territoire, mais plutôt de soutenir, sur le plan technique et financier, les projets qui respectent les objectifs de conservation.

L’existence d’un site Natura 2000 est une chance, ce d’autant que l’approche française privilégie le recours à la contractualisation via des contrats, des mesures agro-environnementales (MAEt) ou des chartes de bonnes pratiques, plutôt qu’à la règlementation ou la répression.

La signature d’un contrat Natura 2000 ou d’une MAEt (mesure agro-environnementale) permet ainsi d’améliorer l’état de conservation des habitats : le propriétaire ou l’agriculteur s’engage, sur une période de 5 ans renouvelable, à respecter un cahier des charges et à accomplir des travaux et l’Etat, en contrepartie, l’indemnise pour le montant du surcoût engendrés par lesdits travaux.

Une charte Natura 2000, quant à elle, a pour objectif d’assurer le maintien de l’existant, en exposant les engagements et recommandations propres à chaque activité présente sur le site. Sa signature représente un acte d’engagement de gestion durable du site. Des contreparties fiscales sont possibles (par exemple, l’obtention de la garantie de gestion durable des forêts permettant l’accès à certaines aides publiques et exonérations fiscales).

Enfin, un régime « d’évaluation des incidences » permet de prévenir toute dégradation à l’occasion de certains travaux, ouvrages et aménagements.

 

  • Natura 2000 sur la massif de l'Estérel:

Pénétrer dans le massif de l’Estérel, c’est entrer au cœur d’un extraordinaire site volcanique de plus de deux cent millions d’années. Ce phénomène géologique a façonné avec le temps le paysage de ce massif volcanique, lui conférant son relief accidenté se poursuivant en mer avec des points de vue absolument extraordinaires sur le littoral et l’arrière pays ainsi que de grands fonds marins. Mais il abrite également des trésors de nature et géologiques rares et précieux.

La flamboyante rhyolite rouge confère notamment au cap du Dramont une réputation mondiale et l’Estérellite, ou porphyrie bleu, n’est connue que sur la commune de St Raphaël. De plus, l’Esterel est le seul endroit en France où prospère l’ail de Sicile protégé au niveau national et regroupe aussi les plus belles stations de lauriers roses sauvages françaises, sans compter une remarquable collection d’orchidées sauvages (au moins douze variétés différentes) dans les pelouses des vallons ou dispersées dans le maquis. Enfin, les forêts et ravins abritent chevreuils, renards, cerfs, lézard ocellé, tortues, chauves-souris, cigales et papillons quand les fonds marins cachent la grande nacre, la grande cigale de mer, le mérou, le barracuda et le corail rouge.

C’est pourquoi, ce lieu grandiose fait partie du réseau de sites européen Natura 2000 et un document d’objectifs (DOCOB) pour la préservation du site se met en place avec l’aide du Ministère, du Muséum d’Histoire Naturelle et des communes de Saint-Raphaël, Fréjus et Bagnols-en-Forêt. Le service environnement de Saint-Raphaël a en charge d’élaborer ce DOCOB et d’animer la démarche. Il devra rendre ce document finalisé à l’Etat à la fin de l’année 2010/12.

 

  •  Contexte géographique et paysager : 

Le site Natura 2000 de l’« Estérel » est situé sur les communes de Saint-Raphaël, Fréjus et Bagnols-en-Forêt, en limite sud-est du département du Var.

Il s’étend sur 15 000 ha dont 7 800 ha terrestres et 7 200 ha marins.

Le Var est un département de la Côte d’Azur recherché pour ces paysages naturels relativement préservés. Le massif de l’Estérel, à ce titre, fait partie des 27 entités paysagères du Var.

Son unité paysagère correspond à la partie orientale du massif géologique de l’Estérel d’origine volcanique s’étendant de Fréjus à Théoule-sur-Mer. Elle est constituée d’une végétation à forte identité forestière contrastant avec la couleur ocre-rouge d’un relief rocheux tourmenté. Les multiples variations d’altitudes offrent des points de vue remarquables sur l’ensemble du massif et sur les entités paysagères avoisinantes (vallée de l’Argens, massif du Tanneron et des Maures) ainsi qu’un véritable balcon sur la mer.    

Entièrement inclus dans le site classé (1996) et composé de la forêt domaniale de l’Estérel, d’une partie de la forêt communale de Fréjus et départementale de Malpasset, le site Natura 2000 est un véritable écrin de verdure aux portes des zones urbanisées de Fréjus, Saint-Raphaël et Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes). Autres éléments forts du paysage :

- la rivière du Reyran, éperon à l’ouest du périmètre Natura 2000, qui représente un haut lieu de mémoire depuis l’effondrement du barrage de Malpasset et est un corridor écologique de grande importance. Elle fait office de limite Nord-Ouest du site

- le cap Dramont, au Sud du site, encore vierge où domine le sémaphore du Dramont.

- La corniche d’Or, seul linéaire côtier de la côte d’Azur encore préservé. En effet, d’Anthéor au Trayas, le littoral est vierge de toute construction (excepté les voies de communication). Les côtes rocheuses qui le constituent renforcent encore l’aspect unique de ce paysage.

La partie terrestre du site Natura 2000 constitue ainsi une véritable zone refuge pour les espèces animales et végétales tout en offrant un panorama naturel et apaisant pour les populations locales et les visiteurs.

La partie maritime du site Natura 2000, quant à elle, s’étend sur le littoral, de la plage d’Arène Grosse (Boulouris) à la plage d’Abel Baliff (Trayas) et, au large, sur une bande allant de 2 à 5 km (d’Est en Ouest). Ce périmètre marin prend en compte la diversité de la zone marine de Saint-Raphaël en englobant plusieurs secteurs contribuant à la forte valeur paysagère du site tels que l’île d’Or, le sec de Fréjus, la rade d’Agay, l’île des Vieilles, le plateau de la Chrétienne et le cantonnement de pêche du Cap Roux.

Les fonds marins sont d’une grande richesse de part des milieux très variés : petits et grands fonds rocheux, herbier de posidonies en plaine ou bio-concrétionnés avec les récifs à coralligène, tombants de gorgonaires, fonds sableux, grottes semi-obscures et obscures…

 

  • Fonctionnalités au sein du réseau de sites Natura 2000 :

 La fonctionnalité de ce site est liée à d’autres sites Natura 2000 et cette caractéristique devra être prise en compte pour une meilleure gestion à venir.

Ainsi, sa partie maritime est en lien avec les sites de l’« Embouchure de l’Argens » (FR9301627) et de la « Corniche varoise » (FR9301624) à l’Ouest et avec le site de la « Baie et du Cap d'Antibes - Iles de Lérins » (FR9301573) à l’Est. Au niveau de la partie terrestre, il est en lien avec le site de la « Foret de Palayson et du Bois du Rouet » (FR9301625) qui est la continuité occidentale du massif géologique de l’Estérel.

 

  • Historique du classement du site :

- Décembre 1998 : première proposition du site à l’Europe comme Site d’Intérêt Communautaire (SIC), au titre de la directive « Habitats », sous la dénomination « L’Estérel et les abords de Fréjus - Domaines terrestres et maritimes - FR9301628 » (5 868 ha).

- 19 juillet 1996 : inscription du site par l’Europe sur la liste méditerranéenne des SIC.

 - Octobre 2008 : deuxième proposition à l’Europe, due à l’extension du réseau Natura 2000 en mer ayant entrainé celle du périmètre du site (15 121 ha, 48 % marin, 52% terrestre) avec changement du nom qui devient le site Natura 2000 de l’« Estérel – FR9301628 ».

Dans l’attente de l’inscription du nouveau périmètre sur la liste des SIC par l’Europe, le site de l’Estérel a repris le statut de pSIC. Mais ce statut permet tout de même de considérer ce site comme étant inclus à part entière dans le réseau européen Natura 2000.

 

  • Comité de pilotage et opérateur local :

En avril 2008, le directeur départemental de l’agriculture et de la forêt, en qualité de représentant du préfet du Var, a procédé à l’installation du comité de pilotage du site en mairie de Saint-Raphaël. Les membres représentants des collectivités territoriales et de leurs groupements au sein de ce comité de pilotage ont élu monsieur Georges GINESTA, maire de Saint-Raphaël, à la présidence dudit comité.

La convention-cadre, qui a pour objet la réalisation du document d'objectifs sur le site au titre de la Directive "Habitats", a été signée entre l’Etat et la Ville de Saint-Raphaël en octobre 2008.

 

Voici l'Arrêté préfectoral de constitution du Comité de Pilotage du site Natura 2000 de l'Estérel

 

La Municipalité s’est engagée dans cette démarche collaborative avec les services de l’Etat et l’Europe, consciente de ses atouts pour un territoire qui avait déjà largement anticipé les objectifs de Natura 2000 avec la création en 2003, à la demande des pêcheurs professionnels de la Prud’homie de pêche, du cantonnement de pêche du Cap Roux, interdisant toute pêche sur les tombants de l’Estérel – avec 445 hectares, c’est la plus grande réserve de France continentale).

L’élaboration du DOCOB, en collaboration avec les services déconcentrés de l’Etat (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement PACA ; Direction Départementale des Territoires et de la Mer du Var) et les représentants du COPIL, a été confiée au service Environnement, Mer et Forêts de la Commune de Saint-Raphaël.

Des inventaires biologiques ont tout d’abord été réalisés parallèlement à un diagnostic socio-économique afin d’établir un état des lieux initial et permettre ainsi d’établir les priorités de conservation à respecter sur le site.

A l’automne 2011, le tome 1 du DOCOB, en synthétisant ces inventaires et en établissant les « diagnostic, enjeux et objectifs de conservation du site », a été présenté au COPIL.

Il s’agit maintenant d’élaborer le tome 2, c'est-à-dire le plan d’actions du site (plan de gestion, charte Natura 2000… sont en cours de construction), mais les membres du COPIL disposent pour cela d’un socle solide, riche de tous les enseignements tirés des inventaires qui ont été réalisés.

Le chantier de l’Estérel, celui du maintien d’une biodiversité remarquable, est bien lancé. 

 

  • Un état des lieux confirmant les richesses naturelles et des pratiques raisonnées :

Les inventaires biologiques ont permis de mettre en évidence la présence, sur le site, de 21 habitats naturels d’intérêt communautaire, 17 espèces d’intérêt communautaire et une grande richesse patrimoniale.

Au cours de ces dernières années, le site n’a pas connu de bouleversements majeurs en raison de son statut privilégié de forêt domaniale (depuis 1870 pour près de 76% de sa partie terrestre) et de site classé. Il est ainsi globalement bien conservé, ses fonctionnalités ayant été préservées ou recrées.

Le site bénéficie d'un ensemble de microclimats contrastés, que reflète la diversité des formations végétales. Sur le littoral et aux endroits les plus chauds, les matorrals[1] à Euphorbe arborescente, les peuplements à Oléastre et Lentisque typiques de la côte varoise, les oueds à Laurier rose sauvage, devenues très rares en Méditerranée française, et les suberaies[2] sont de vrais trésors biologiques. Les falaises littorales du site sont même l'un des derniers endroits du littoral méditerranéen français où se développe encore une végétation naturelle. Les vallons plutôt situés au nord du site, contrastent avec les précédents mais sans rien leur envier car ils possèdent une flore et des formations végétales remarquables telles que les forêts de rivière à Peuplier blanc ou à Aulne glutineux et Osmonde royale.

Certains habitats présents sur le site sont localisés uniquement sur le massif des Maures et de l'Estérel ; par exemple les pelouses à Sérapias, les mares et ruisselets temporaires à Isoètes ou encore l’habitat prioritaire des mares cupulaires[3]

A l'intérieur du massif, au cœur de la suberaie, d'importants pierriers et éboulis sont présents. Ces éboulis de l'Esterel, très caractéristiques, participent à l'esthétisme des paysages du massif. Cet habitat, qui garde l'humidité, sert de refuge pour la petite faune (reptiles,  insectes…) et permet aussi de favoriser la croissance rapide des feuillus à proximité (Chêne liège et Chêne vert). Ces feuillus, qui présentent des cavités, sont des sites très recherchés par différentes espèces. Cette mosaïque de milieux présents sur le site, des plus ouverts aux plus fermés, est riche en chauves-souris (19 espèces), oiseaux (le Circaète Jean-le-Blanc, le Faucon pèlerin), reptiles (la Tortue d’Hermann et la Cistude d'Europe, Lézard ocellé…) et insectes (libellules, papillons…).

Toutefois, les incendies répétés, ajoutés aux attaques des ravageurs et maladies, ont considérablement diminué la densité et l’âge des peuplements forestiers, notamment en ce qui concerne les chênaies et les pinèdes, réduisant ainsi le nombre de forêts matures du site. Ils ont également touchés directement les espèces animales dont la plus vulnérable est la Tortue d’Hermann. Ses populations voient leurs effectifs réduire en moyenne de 80% à chaque passage de feu, sans compter le prélèvement.

Les pinèdes à Pins d’Alep ainsi que les matorrals[4] arborescents à Genévrier sont, quant à eux, relictuels et en cours de disparition sur le site. Le premier est anthropisé dans les propriétés privées ou près d’habitations subissant ainsi sa transformation en jardins ornementaux ; le deuxième disparait suite aux évolutions spontanées conjuguées aux passages de feux, les dernières reliques se maintiennent sur quelques croupes ou pentes très rocailleuses qui n'ont pas brûlé depuis longtemps et peu propices à une dynamique forestière.

Au niveau marin, le site présente également une grande richesse de par la présence de l’herbier à Posidonie, considéré comme l’écosystème le plus important de la Méditerranée en ce qu’il participe au maintien des rivages en équilibre et joue un rôle de frayères et de nurseries, et très bien représenté sur l’ensemble du site. L’organisation des mouillages sur ancres à vis dans la rade d’Agay à l’initiative de la Commune, à partir de 2004, a favorisé l’amélioration sensible de l’état de cet habitat.

De plus, sa valeur patrimoniale est renforcée dans certaines zones par son association avec des concrétionnements de Coralligène (autre habitat communautaire très important) ainsi que par la présence d’un récif-barrière en rade d’Agay, structure particulièrement originale et très rare en Méditerranée. Ce récif-barrière est d’un grand intérêt patrimonial car il est en excellente vitalité quand les quatre seules autres formations de ce type connues en Méditerranée sont en régression.

Concernant l’état de conservation des milieux marins, il est relativement bon, voire localement excellent (herbier de Posidonie de la Chrétienne au Trayas).

Enfin, les conditions climatiques de ces dernières années (sècheresse et réchauffement des eaux) pourraient avoir un impact sur les milieux humides terrestres ainsi que sur les milieux marins. En effet, les vasques des ruisselets temporaires ont tendance à un assèchement anormal et les peuplements de Coralligène se nécrosent par place. Les conditions climatiques extrêmes sont des notions non maîtrisables actuellement mais qui pourront faire l’objet d’un suivi.

 

S’agissant des activités humaines, l’état des lieux est globalement satisfaisant et on peut noter, par exemple :

- Les quatre exploitations agricoles du site constituent de véritables « zones tampons » entre les milieux naturels et l’urbanisation, et contribuent aux qualités paysagères, à la préservation contre les incendies et à la fonctionnalité écologique du site.

- La présence de 1.500 ruches dans le massif, réparties dans plus de 30 ruchers, constitue un plus pour la biodiversité, et certains de ces ruchers, très anciens (18-19ème siècle), constituent un patrimoine rare.

-  Les pêcheurs professionnels ont en quelque sorte été des précurseurs du programme Natura 2000, dans la mesure où la règlementation de la Prud’homie est plus contraignante que celle imposée par l’Union Européenne et où ils ont, depuis l’origine, une volonté affirmée de maintenir leur activité tout en préservant les ressources.

-  Le risque d’urbanisation exagérée a, quant à lui, été très limité (70 % du territoire communal est conservé en zone naturelle).

 

Un état des lieux a aussi été fait s’agissant des risques naturels auxquels le site est exposé : bien évidemment, le risque incendie est le plus sévère, puisque les milieux forestiers en couvrent 70 %. La couverture forestière du site, et son manque d’exploitation, le rendent extrêmement vulnérable aux incendies et c’est pourquoi, depuis plus de 15 ans, les gestionnaires concentrent leurs moyens sur le développement des ouvrages DFCI (Défense de la Forêt Contre l’Incendie), et cherchent à maintenir un pâturage raisonné sur le site.

 

Les enjeux émergeant des études réalisées, pour le site, sont les suivants :

  • Préserver le site contre les incendies de forêt,
  • Pérenniser la gestion forestière,
  • Encourager le maintien les exploitations agricoles existantes,
  • Maintenir une pêche artisanale traditionnelle,
  • Soutenir des activités nautiques et sous-marines non dommageables sur les milieux naturels,
  • Diminuer, voire éliminer les mouillages forains sur les lieux les plus sensibles du site,
  • Encourager le développement de pratiques respectueuses de l’environnement,
  • Pérenniser les actions de lutte contre la pollution des eaux,
  • Renforcer la surveillance du site et la sensibilisation des usagers et professionnels,
  • Organiser, canaliser et structurer la fréquentation du site. 

Les objectifs sont en bonne voie d’être réalisés pour peu que chacun s’y implique.

 

 

[1] Fourrés, zones occupées par des buissons et des broussailles en milieu méditerranéen.

[2] Forêts de Chêne liège.

[3] Le mot cupulaire vient de la forme de la mare, en forme de ‘cupule’ ou de cercle, qui lui vient de l’érosion de la rhyolite (roche rouge de l’Estérel) au fil du temps.

[4] Fourrés, zones occupées par des buissons et des broussailles en milieu méditerranéen.

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